Saint Antoine

 

Nous sommes en Egypte en 251. D’après la tradition, le christianisme s’est établi dans ce pays dès la fin du premier siècle grâce à l’apôtre saint Marc. Antoine nait à Qeman, en Haute Egypte, au sein d’une famille aisée. Il est instruit par la lecture des Evangiles et, dès l’âge de vingt ans, décide de se tourner entièrement vers Dieu. A la mort de ses parents, il distribue tous ses biens et part vivre sa foi, en ermite, dans le désert. Ceci constitue un comportement religieux nouveau, celui d’un anachorète ou ermite. C’est à ce titre qu’Antoine est considéré comme un des fondateurs de l’érémitisme chrétien. La plus grande partie de sa vie se déroule dans une grotte de la Thébaïde. Il y subit  toutes sortes de tentations de la part du Démon auxquelles Antoine résiste. Ces tentations feront l’objet de nombreuses représentations célèbres peintes ( Bosch, Grünewald, Teniers, Dali), gravées (Schongauer) et même littéraires  (Flaubert).

Antoine quittera un temps son refuge pour intervenir à Alexandrie contre l’arianisme, une des premières  hérésies  du christianisme  naissant. Il soutient les chrétiens persécutés. Il accomplit également des miracles et est considéré, de ce fait, comme un thaumaturge.

Des disciples le visitent  dans sa retraite. Le plus célèbre, Athanase – futur évêque d’Alexandrie – rédigera sa biographie.

Antoine s’éteint en 356, à l’âge de 105 ans. Ses disciples l’ensevelissent dans un endroit qu’il souhaitait  inconnu. Son tombeau sera néanmoins découvert et, devant l’invasion arabe qui, vers 642, a atteint l’Egypte et imposé l’Islam, ses restes seront ramenés à Alexandrie, puis à Constantinople, capitale de l’Empire d’Orient. En Occident, on découvre saint Antoine grâce au récit d’Athanase publié vers 370 (Vita Antonii : Vie et conduite de notre saint père Antoine), puis à la « Légende Dorée » du dominicain Jacques de Voragine (13ème siècle).

Sur place, c'est-à-dire à proximité de la grotte creusée au flanc du Mont Qolzum où saint Antoine mourut, un monastère (Deir Amba Antonios) a été édifié dès le 4ème siècle. Il passe pour être le plus ancien monastère au monde. Il abrite toujours un ordre religieux copte

La translation des reliques d'e Constantinople à Saint Antoine nous ast contée par Aymar Falco, historiographe de l’ordre antonin, récit paru en 1534, soit cinq siècles après les événements.

Au Moyen-Age, la Motte aux Bois est, sans doute, un minuscule bourg blotti au pied de son château. Il appartient aux seigneurs de Châteauneuf de l’Albenc. La tradition évoque, pour l’époque qui nous concerne, un certain Guillaume le Cornu, seigneur de Châteauneuf. Au moment de mourir, il confie à son fils Jocelyn la mission d’accomplir la promesse qu’il avait faite, celle de se rendre en pèlerinage en Terre Sainte, et qu’il n’a pas tenue.

Jocelyn partr à Jérusalem et, sur le chemin du retour, passe à Constantinople où règne Romain IV, dit Diogène, empereur d’Orient. A l’issue de quelques services rendus à l’Empereur, qu’on suppose guerriers car Constantinople est en butte à l’expansion arabe, il obtient l’autorisation d’emmener les reliques du saint. Cet évènement est daté 1070 par Aymard Falco.

C’est ainsi que la Motte aux Bois deviendra, sous l’appellation de Saint Antoine en Viennois ,  le réceptacle des reliques d’un saint déjà renommé en Occident, reliques qui, pendant des siècles, attireront des foules immenses et susciteront des élans de charité et d’humanisme de la part d’une confrérie, puis d’un ordre religieux, dont la réputation s’étendra dans toute l’Europe.

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